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Prostate opérée au laser : première dans le département

Prostate opérée au laser : première dans le département

Châteauroux. Pour la première fois dans le département, des patients de la clinique Saint-François ont bénéficié du laser pour leur opération de la prostate.

En attente. Prêt. Vaporisation, annonce une voix synthétique. Les tubes, écrans et visages présents dans le bloc opératoire s'illuminent de vert. Sur la table, un octogénaire « inopérable autrement parce qu'on a peur qu'il saigne et que son cœur lâche, explique le docteur Christian Haringanji, urologue à la clinique Saint-François, à Châteauroux, où une douzaine d'opérations pour ce type de pathologie ont lieu chaque semaine. Avec cette technique, ça va bien se passer et il sera susceptible de sortir demain. »

 

Moins de risques

Utilisée avec succès depuis plusieurs années pour traiter des hypertrophies bénignes de la prostate, elle n'était pas encore disponible dans l'Indre. « Beaucoup de patients quittaient le département pour en bénéficier, explique Philippe Guibon, directeur de la clinique. Nous allons l'avoir sur place maintenant. » « Le laser, c'est un peu l'avenir par rapport aux techniques d'avant, ajoute le docteur Pierre-François Gerbaud. Les durées d'hospitalisation sont plus courtes, il y a moins de saignements, de complications. Dans l'Indre, on est confrontés à des populations très fragiles, notamment sur le plan cardiovasculaire ; pour certains, on renonçait à une intervention à cause de ces pathologies associées. »

 

L'intervention est courte et ne laisse aucune cicatrice. Le laser et une caméra sont simplement introduits par les voies naturelles, sous anesthésie. Le professeur Franck Bruyère, chirurgien urologue au CHRU de Tours, auteur notamment d'une greffe de rein par robot, à l'automne dernier - une première en France -, l'utilise depuis plusieurs années. Il était présent, jeudi dernier, pour assister les praticiens castelroussins.

 

« Les troubles urinaires chez l'homme sont fréquents; en vieillissant, la prostate gonfle et tous finissent par être gênés. Aujourd'hui, nous avons un gros problème : parce que les gens ont des problèmes cardiaques, on leur pose des stents, ils sortent avec des traitements anticoagulants et ont donc des risques de saignement s'ils se font opérer. Par rapport à la technique que nous utilisions avant, le laser nous apporte des avantages majeurs. Même les gens qui ont des risques de saignement, nous pouvons les opérer. Il faut avoir cette technique dans son arsenal. Elle ne présente que des bénéfices pour le malade. » « Ça nous permet d'élargir les indications, conclut Christian Haringanji. Ceux qui ne sont pas opérables, qui sont dans les maisons de retraite ou de repos, sont ainsi sevrés de leurs sondes et sont autonomes sur le plan urinaire; c'est un bénéfice assez extraordinaire. »

 

Dans trois à quatre mois, la technique sera également étendue au traitement des calculs rénaux.

 

© La Nouvelle République - 28-05-14 - Thierry Roulliaud

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